Ces dernières années ont vu fleurir un nombre incalculable d'articles sur la mort programmée d'un métier : Web Designer. Les changements de technologies, les contraintes de certains moteurs et l'installation permanente des mobiles et tablettes dans nos vies, ont largement contribué à l'évolution des designs sur la toile. La singularité et l'homogénéisation des interfaces rendent le travail des designers plus répétitif, au point de se demander si le design dans le digital n'est pas sur le point de disparaitre.

Les raisons d'une mort apparente

Il est incontestable qu'aujourd'hui, beaucoup d'interfaces se ressemblent. Il est assez simple de dresser la liste des points qui ont fait évoluer le design de nos sites Internet :

  • le responsive design
  • les contraintes des (enfin du...) moteurs de recherche comme Google
  • le besoin constant de rapidité
  • l'arrivée en masse de templates prêts à l'emploi
  • des solutions externes comme Squarespace, Shopify ou Wix

L'ensemble de ces outils et/ou contraintes, ont amené une certaine homogénéisation dans les interfaces web. Et ce, au plus grand désespoir de nos chers amis web designers. Le web, comme l'informatique en son temps, s'ouvre de plus en plus au grand public. Il devient accessible à tous de pouvoir créer son site et se lancer dans l'aventure web.

Toutefois, même si ces outils permettent une intégration sur le web assez efficace, on constate que l'identité qui en ressort est quelque peu diluée. Il n'est pas rare de voir les mêmes codes graphiques s'inviter dans les interfaces (material, flat design). Et l'identité d'une marque, parfois, s'en retrouve impactée. 

Chez Altimax nous estimons qu'il n'a jamais été aussi important d'avoir un web designer dans un projet, et même si ce dernier évolue vers plus d'UX et marketing, la combinaison des deux mondes est encore plus stratégique selon nous. 

 

 

 

Se différencier et renforcer sa marque

Il n'est pas incompatible de mêler direction artistique, web design et expérience utilisateur. Ces derniers points à eux seuls sont des gages de différenciation forts. L'identité d'une marque est désormais au coeur des stratégies digitales. Avoir un story telling fort et des codes graphiques différenciants, permet aussi de créer un affectif fort.

Il est donc totalement nécessaire d'avoir une construction graphique cohérente et chartée. L'interface peut garder des codes établis et s'adapter au responsive, mais elle doit aussi apporter une touche d'image et de différenciation.

Réfléchir plus en amont sur l'expérience et l'ergonomie

Une autre partie du métier de designer est aussi de connaitre les codes essentiels d'ergonomie et d'expérience utilisateur. On distingue souvent aujourd'hui ces deux métiers, le designer et l'UX designer. Pour nous, c'est un seul et même métier. Nos designers connaissent les tenants et aboutissants d'un design réussi et savent aussi être à l'écoute des utilisateurs pour leur proposer des expériences abouties et différentes.

Toutefois, ceci n'empêchera pas de surveiller les habitudes de ces utilisateurs afin d'itérer plus rapidement et répondre encore mieux aux besoins montants de sa clientèle. Mais nous en reparlerons dans un prochain article.

 

 

Le mobile change les utilisateurs, à nous aussi de les faire changer

Un des défis majeurs dans le design, c'est de proposer des interfaces belles et intuitives. C'est aussi éduquer les utilisateurs aux codes en place et aux évolutions futures. Même si personne ne sait ce que sera le web dans 3 ans, certains indicateurs montrent des grandes tendances. Alors certes, il est bon de connaître à qui l'on s'adresse en communication, et adapter son interface en fonction des "coutumes" de ces prospects ou clients. Mais il faut aussi voir que simplifier les interfaces (pour le responsive) permet aussi de mieux guider son utilisateur. Lui proposer une interface fluide et rapide tout en le fidélisant à une expérience différente.

 

 

La priorité est au contenu !

Pendant pas mal d'années, notamment les années Flash, le design artistique et l'expérience étaient au centre des intérêts. Une époque phare pour nous autres designers. Une palette incroyable de possibilités, une liberté d'expression avec très peu de contraintes et multitude de codes graphiques à disposition.

Aujourd'hui, la priorité est au contenu, et c'est tant mieux ! Qui n'a jamais pesté devant un site au loader interminable, aux menus en typo 10px à peine visibles qu'il fallait chercher du coin de l'oeil pendant que l'animation d'intro du site se terminait... Une perte de temps colossale qui ne rimait pas souvent avec efficacité.

Le mobile/tablette et Google ont apporté ceci, la priorité à la lecture du contenu. Un contenu sans blabla et sans feinte, dédié au référencement. Le site doit proposer un contenu sémantiquement bon qui correspond aux attentes de l'utilisateur, pas celles du moteur de recherche. Cette priorité a amené aussi, selon nous, la partie la plus importante : la simplification des interfaces.

 

 

Faire simple et efficace

Comme le disait Antoine de Saint-Exupéry : “La perfection est atteinte, non pas lorsqu'il n'y a plus rien à ajouter, mais lorsqu'il n'y a plus rien à retirer.

Quelle belle citation ! Un exemple typique de design poussé à son maximum. Et il n'est pas bien compliqué de se rendre compte à quel point cette simplification donne accès au succès. Allez demander à Apple ce qu'ils pensent de cette belle phrase de Saint-Exupéry 😉

Une interface simple et directe, c'est la possibilité pour votre utilisateur de ne pas perdre de temps et d'atteindre souvent les objectifs que VOUS vous êtes fixés. Vous gagnerez en temps de chargement, vous simplifierez la lecture de votre interface et guiderez plus facilement votre client ou prospect. "Less is More" n'est pas qu'une citation, c'est une religion 🙂

Construire son design en fonction de ces objectifs

Une partie logique mais tellement essentielle. Construire une interface reste compliqué, même avec le meilleur page builder et la meilleure interface web. Combien de clients voyons-nous arriver avec un site bricolé sous WordPress, qui certes fonctionne, mais qui trouve très très vite ses limites dans le temps.

Une interface souvent simple mais peu étudiée pour atteindre ces objectifs. Car oui, votre site est un outil de communication, et comme tout bon outil, il a besoin de répondre à des objectifs précis et quantifiés.

Ce dernier point est malheureusement beaucoup trop oublié ou pas assez poussé. C'est pourtant l'essence même du site Internet.

Alors docteur ? Webdesign mort ou pas ?

Vous l'aurez compris, les contraintes aujourd'hui sont telles que le métier de web designer a encore de beaux jours devant lui. Même si les outils changent et évoluent, le niveau d'exigence est tel que l'expertise et les connaissances d'un bon designer sont indispensables. Alors oui, son métier évolue vers de l'UI/UX, le designer a besoin aujourd'hui d'être sans cesse à l'écoute et à la veille de ce qui se passe. Mais il est clair qu'avoir un designer dans son projet est un réel plus. Sa capacité à comprendre les problématiques, à prendre du recul et à sans cesse se remettre en cause sont des atouts majeurs dans un monde où tout change trop vite et où il faut être le plus efficace le plus rapidement.

Alors oui, esthétiquement parlant, le designer va sûrement être de plus en plus déçu (et encore). Mais les enjeux des années à venir ne sont pas uniquement là et l'identité d'une marque passe par tous les canaux disponibles. Le digital est un vaste monde qui se connecte de plus en plus à nos canaux historiques dits offline, se différencier et être cohérent dans ses choix graphiques est encore plus d'actualité. Et si le web designer devenait encore plus polyvalent dans les années à venir ?

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